Peux-tu te présenter brièvement et décrire ton parcours ?

Je suis Nicolas Dineur, j’ai 34 ans et je suis mécanicien vélos. Je suis co-fondateur, bénévole et ex-salarié de l’atelier vélo associatif Au Tour du Cycle et je travaille au développement du vélo à Crest depuis 2012.Avant d’arriver dans la Drôme, j’habitais Lyon. Là bas, j’ai travaillé chez LyonCycleChic (7e) et VéloStation (5e) et obtenu mon diplôme de mécanicien cycles.

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Sous le nom de Nicodin cycles, je travaille aujourd’hui comme artisan à La Forge, où je propose la « préparation de vélos pour le voyage et le quotidien ». J’y travaille aussi avec TONTON sur la création de vélo-cargos et autres « systèmes cycles ».

Comment est-tu devenu équipementier vélo ?

Au delà du fait que le tout-voiture ne soit pas soutenable, je crois aussi fermement que le vélo est un formidable moyen de redécouvrir la ville, la campagne…et soi-même; qu’il peut nous aider à panser et repenser nos modes de vie, notre société, notre rapport à l’autre, au temps, à l’argent… Si on y ajoute mon attrait pour les activités manuelles et mon souci du détail, c’est assez naturellement que je suis devenu mécanicien cycles. J’ai quitté le commerce conventionnel (boutiques vélo) pour mieux partager mes expériences vélo et ma vélosophie !

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Peux-tu raconter la genèse du projet de vélo-cargo selon ton point de vue ?
Au démarrage de l’atelier vélo, on s’était dit que ça serait bien de mettre en partage des vélos et du matériel vélo mais on n’a pas concrétisé. Plus tard, Franz a eut l’idée de louer sa remorque et il m’a demandé si on pouvait même en fabriquer dans le but de les partager. Riche idée puisqu’elle nous a intéressée à toutes sortes de façons de transporter des charges (la vélogistique!). Nous avions de plus en plus envie de faire savoir qu’on a pas forcément besoin d’une voiture pour aller faire ses courses!
Pendant l’étude de ce projet de mobilité ambitieux, Franz donnait le LA, trouvait les bonnes questions à se poser, foisonnait d’idée sur la façon de communiquer. C’était très motivant. Moi, j’apportais sur la table mon expérience technique et mes analyses sur la pratique du vélo. Le choix était naturel pour nous: les vélo-cargos sont aussi pratiques que communicatifs.

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Pour rester en cohérence, il faudrait éviter de les importer de l’autre bout du monde, on a donc fait le pari de les fabriquer localement. Gabriel était compétent en soudure et impliqué dans le projet de base, j’avais l’envie d’aller sur le terrain et d’équiper ces machines, Antoine nous accueillait à La Forge… Et puis l’association a obtenu la subvention de la Région… plus d’excuse pour ne pas fabriquer les biporteurs à Crest !

Quel est selon toi la place des vélo-porteurs dans les transport qui animent la ville ?
L’ère du pétrole bon marché a incité les petites villes comme Crest à faire le choix du tout-automobile. A cette époque où la majorité des foyers ont pu s’équiper d’une voiture, la politique menée était de s’adapter et de rendre chaque recoin de la ville accessible aux quatre roues, même dans les centres anciens. On connait aujourd’hui le retour de bâton: comme chaque foyer à presque deux voitures, les rues sont saturées et on délaisse les centre-villes pour vivre et consommer à l’extérieur, là où on peut se garer…

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Je pense que le vélo-cargo (et plus généralement la solution vélo) peut permettre au citoyen de ne plus choisir le déplacement motorisé pour moins de cinq kilomètres et donc, à force, de redonner vie à la cité. Le chemin de la transition est long mais avouons-le, il sera bien plus sympa à vélo!

Belle vie à VéloCargo Drôme !

Merci Nicolas !
Belle vies à Nicodin Cycles et à La Forge

Entretien avec Nicolas Dineur, équipementier du vélo-cargo
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